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GESTION DE L'ENHERBEMENT

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Crédit Terrateck

Ce thème fait l'objet d'un tome complet en cours de rédaction.

La gestion de l’enherbement est un sujet tellement essentiel en maraîchage biologique qu’il mérite un tome à part. Le tome 3 du guide "Produire des Légumes Biologiques" lui est dédié spécifiquement.

  • Pourquoi gérer l’enherbement ?
Les adventices des cultures, plus communément appelées mauvaises herbes, sont souvent gênantes pour les cultures en place et entrent en concurrence avec ces dernières pour différents éléments. Néanmoins, les mauvaises herbes ont parfois certains avantages et ne sont pas toujours un « gros » problème pour la culture en place ou pour les cultures suivantes. Voilà pourquoi en AB, on parle plutôt de gestion de l’enherbement que de destruction des adventices. Ce terme souligne l’intention de réguler le peuplement des mauvaises herbes à des niveaux acceptables en tenant compte des aspects économiques et écologiques.

  • Concurrence avec la culture
On parle souvent de compétition des adventices avec la culture en place, cette compétition se présente sous plusieurs formes.
  • Pour l’espace aérien (lumière)
Certaines adventices présentent un développement rapide et puissant, d’autres sont plus petites mais nombreuses et forment sur la terre un tapis dense et très étouffant. Dans certains cas d’infestations, le tapis de mauvaises herbes devient complètement asphyxiant pour les semis.
  • Pour les éléments nutritifs
Les mauvaises herbes, comme n’importe quelle plante, ont des besoins nutritifs pour se développer. La plante va prélever ces éléments dans son environnement qui peut être le même que celui de la culture de rente et pénaliser cette dernière.
Cette affirmation est tout de même à nuancer et va dépendre de plusieurs facteurs (capacité d’absorption, exigence en éléments nutritifs, formes assimilables ou pas…).
  • Pour l’espace souterrain
Certaines mauvaises herbes, principalement les vivaces, possèdent des systèmes racinaires plus puissants que les cultures.
  • Pour l’eau
Ce phénomène est accentué si le stade de l’adventice est plus avancé que celui de la plante cultivé et si le temps est sec.

  • Nuisibilité indirecte

Les adventices peuvent avoir un impact négatif indirect.

  • Dépréciation des récoltes
La présence de fragments d’adventices peut diminuer la qualité de la production.

  • Difficulté de ramassage
En maraîchage diversifié, les récoltes sont souvent manuelles, et la présence d’adventices hautes, piquantes, étouffantes… peut être très gênante et faire perdre du temps aux maraîchers.

  • Ravageurs et maladies favorisés
Le développement des ravageurs et des maladies peut être favorisé par le microclimat créé par des adventices envahissantes et par la présence d’adventices qui sont hôtes de bio agresseurs* des plantes cultivées.

  • Effets positifs des adventices

Les « mauvaises herbes » peuvent avoir un effet positif sur le système de culture grâce à différentes propriétés.

  • Meilleures structure et fertilité du sol
Leur système radiculaire souvent puissant et ramifié peut remonter des éléments nutritifs du sous-sol vers la surface et améliorer la structure, donc la circulation de l’air et de l’eau et donc l’alimentation des cultures.
La décomposition du système radiculaire peut permettre, dans certains cas, le maintien du taux de matière organique. La présence des mauvaises herbes, surtout pendant l’interculture, limite le
lessivage et permet ainsi un recyclage des éléments nutritifs et donc contribue à la fertilité des sols.
Les adventices légumineuses fixent l’azote de l’air et enrichissent la terre.

  • Réserves d’auxiliaires
Les adventices des cultures peuvent également se trouver dans les zones non cultivées. Les abords de champs et de serre sont des zones souvent peuplées d’adventices. Non gênantes pour la culture en place, elles peuvent toutefois grainer et se retrouver alors dans les parcelles cultivées. Néanmoins, ces herbes,
abritent une multitude d’auxiliaires. Cette biodiversité naturellement présente est une des bases des systèmes agricoles biologiques car elle participe à l’équilibre de l’écosystème de l’exploitation.

Comprendre leur présence
Comprendre la présence des adventices est la première étape de la réflexion sur les méthodes de contrôle à utiliser et les stratégies à adopter pour une meilleure gestion de l’enherbement. L’objectif du tome 3 est d’apporter des éléments techniques sur la mise en place des méthodes de gestion de l’enherbement, et d’aller plus loin dans la compréhension des systèmes maraîchers biologiques diversifiés.
La présence des adventices est difficile à expliquer car une multitude de facteurs intervient dans la levée des graines présentes dans le sol et beaucoup d’inconnues demeurent. Néanmoins, des phénomènes biologiques et certains facteurs environnants donnent des clés de compréhension de ce qui provoque ou non la germination des graines.

  • Combiner prévention et méthodes curatives

La gestion de l’enherbement fait partie d’une gestion globale du système maraîcher, voire de l’ensemble de la ferme si d’autres ateliers existent. Elle ne saurait être traitée indépendamment des autres problématiques.
Varier les cultures et les pratiques culturales permet d’alterner en plus des familles botaniques, les apports de fertilisation, le travail du sol, les dates de semis, les techniques d’entretien…
Gérer les zones non cultivées (bout de champ, bout de serre, entre les serres, intérieur des serres, passages de roue…) qui sont des zones de contamination potentielles pour les parcelles cultivées mais également des réservoirs d’auxiliaires.
Diminuer la pression des adventices en amont du cycle de culture grâce aux couverts végétaux, aux faux-semis, à l’'occultation, à la solarisation, au désherbage thermique, aux paillages…
Utiliser des techniques pendant le cycle de culture comme le hersage, le désherbage thermique, le binage, le buttage, le paillage, le désherbage manuel…





Pour aller plus loin :
  • Pl@ntnet Appli mobile de reconnaissance des adventices
  • Site Infloweb "Connaître et gérer la flore adventice" Voir
  • Brochure adventices ITAB/Projet Désherbage Mécanique Voir
  • Guide - Reconnaissance des mauvaises herbes en Bretagne 2010 de la Chambre d'agriculture de Bretagne Voir
  • Base HYPPA INRA : nomenclature, description des semences, plantules et plantes adultes et écologie de 580 adventices Voir
  • Portail INRA ephytia sur la santé des plantes : Voir
  • Reconnaissance des adventices au stade plantule ACTA Voir le diaporama

ORGANISATION

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Crédit J. Argouarc'h

Ce chapitre traite de l’organisation de la production dans l'espace et le temps (rotations et assolements), des choix stratégiques en termes de matériels, de bâtiments et enfin de l'organisation du travail.
Il est toujours difficile de faire « rentrer les gens dans des cases », de créer des typologies d'exploitations, mais pour plus de clarté, ce guide emprunte une classification toujours d'actualité1 qui distingue trois grands systèmes de production :
  • le « grand jardin », pour une activité à temps partiel, ou comme support à d’autres activités
  • le maraîchage diversifié, 20 à 40 espèces de légumes, en plein champ et sous abri, principalement en vente directe
  • le système légumier produisant un nombre limité de légumes (souvent moins d'une dizaine) destinés en majorité à la vente en gros.
Cette classification est nécessairement arbitraire : de nombreuses exploitations combinent vente de détail et vente en gros. Elle n’intègre pas non plus les systèmes mixtes avec d’autres productions animales ou végétales ; les systèmes particuliers, par exemple avec 100 % d’abris…
L’organisation de la production, le choix des moyens de production, la quantité de travail, les objectifs en matière de résultats sont très différents selon ces trois grands systèmes de production.

Cette partie est essentiellement axée sur les maraîchers en système diversifié avec abris pratiquant la vente directe. En effet, le système légumier avec vente en gros varie beaucoup d’une région à l’autre et il est difficile d’en tirer un modèle unique.
De plus il est moins complexe à organiser en raison du nombre limité de légumes et il dispose en règle générale d’un appui technique local adapté, apporté par les entreprises privées ou les coopératives de commercialisation. Enfin, il n’y a généralement pas d’obligation de vendre toute l’année.
Quant au système grand jardin, il n’est pas fondamentalement différent du système diversifié et peut être étudié avec celui-ci.
Le maraîchage diversifié avec vente directe est en fort développement : près de 80 % des producteurs de légumes bio sont en dominante vente directe.
De nombreux jeunes et aussi des personnes plus âgées en conversion professionnelle s’y installent alors même que c'est peut-être le système le plus complexe.
Il exige une excellente maîtrise de l'organisation de la production, en raison de sa grande complexité, due au nombre important de légumes et à la nécessité de disposer d’une gamme suffisante à vendre tout au long de l'année.


ROTATIONS ET ASSOLEMENTS

  • Logiciel libre en cours de développement au sein de l'Atelier Paysan : Qrop
  • Logiciel complet de pilotage du système panier du Réseau des Jardins de Cocagne (logiciel payant). Voir
  • Logiciel de planification et de gestion de l’ADABio
  • Logiciel de planification et de gestion du Civambio 66 Voir
  • Logiciel de la FRAB Bretagne (En attente de transmission)

CHOIX ET GESTION DU MATÉRIEL

  • Atelier Paysan : coopérative d'autoconstruction Voir
  • Rapport du Bec Hellouin (permaculture) sur les outils manuels Voir
  • FN Cuma

CHOIX ET GESTION DES SERRES ET TUNNELS

PRINCIPES DE BASE

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Crédit J. Agrouarc'h

CONVERTIR SA FERME À L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE


Pourquoi convertir sa ferme (ou se convertir ?) à l’agriculture biologique.
Convertir implique les notions de transformation et de changement en profondeur. Les motivations qui conduisent à la décision de conversion sont très diverses, elles résultent d’un évènement : rencontre, accident ou au contraire d’une longue réflexion. Elles sont d’ordre technique, économique,
commercial, éthique voire idéologique…
Le « pourquoi » de la conversion dépend donc des « trajectoires de vie et de production » de chacun.
Le « comment » passe par l’application des bonnes pratiques d’agronomie : convertir son système de production, c’est le transformer en changeant d’abord la façon dont on le considère.
Deux principes doivent guider ce changement :
  • l’attention portée au sol qui redevient la base du système, puisque c’est lui qui pourvoit à la nutrition et à la bonne santé des cultures
  • l’abandon d’un mode de raisonnement curatif, pour des pratiques basées sur l’observation, l’anticipation et la prophylaxie….
Ce changement a souvent un impact important sur la structure du système de production et sur l’organisation du travail. La démarche de conversion doit donc s’anticiper et se préparer très en amont de « l’acte administratif » de conversion. Elle s’envisage sur le moyen terme en s’inscrivant dans un parcours progressif afin que le passage en bio soit plus proche de l’officialisation d’un projet déjà mûri plutôt qu’un changement brusque et traumatisant pour le système… et pour le producteur.

Pour aller plus loin :
  • Site dédié à la conversion de la FNAB Voir
  • Organismes certificateurs Voir

GESTION DU SOL


Les légumes n’occupent en général que quelques hectares de terres au maximum par ferme. Le choix et l’entretien de ces terres sont donc fondamentaux dans ces systèmes de production, car les cultures se succèdent rapidement et les interventions sont très nombreuses toute l’année. Ce chapitre
porte donc sur des rappels agronomiques de base, en montrant leur importance en production légumière, puis sur le travail du sol.

  • Travail du sol Voir

IRRIGATION


L’irrigation est incontournable dans presque tous les systèmes maraîchers. Elle permet de régulariser la production, et représente donc une assurance contre la variabilité des rendements et donc du revenu.


L’irrigation est une nécessité pour la production de légumes sous abri. En production
légumière de plein champ elle est quasi systématique, sauf dans les zones
légumières à pluviométrie élevée et bien répartie sur l‘année.
Le premier obstacle à lever au moment de la conception d’un système d’irrigation est de disposer d’eau en quantité suffisante pour faire face à l’année la plus sèche. Les cas d’arrêts d’activité dus à une pénurie totale en période estivale ou automnale ne sont pas rares. C’est donc un critère de choix essentiel pour le site d’installation.

Afin de limiter les prélèvements dans les nappes souterraines, la récupération des eaux de surface (en particulier l’eau des toitures des bâtiments et des abris) est un enjeu de durabilité fondamental. Elle est encore trop peu pratiquée.
Des exemples d’exploitations maraîchères quasiment autonomes par la récupération d’eau de pluie existent aux Pays-Bas, où le climat n’est certes pas méridional.
En France signalons une entreprise de production de semences, dans le Maine-et-Loire, pour laquelle les quantités d’eau de pluies récupérées par les toitures des serres sont supérieures à celles consommées par les cultures présentes dans ces mêmes serres.

Un système d’irrigation « bricolé », mal conçu ou de taille insuffisante, peut entraîner des pertes de temps importantes et dégrader gravement les résultats techniques et économiques, sans parler des conditions de travail du maraîcher et/ou de ses salariés.
Beaucoup de maraîchers ne connaissent pas le débit de leurs goutteurs et arrosent en fonction de l’état hydrique du sol sur les 5-10 premiers centimètres du sol, voire de façon encore plus empirique. C’est particulièrement le cas sous abri où les erreurs d’apports sont très fréquentes, notamment des surdosages en début de culture qui peuvent entraîner l’apparition de maladies.
Il faut garder en tête qu’une erreur d’irrigation, dans un sens comme dans l’autre, a toujours des conséquences sur les plantes – certes plus ou moins graves et réversibles – car l’eau est au coeur de leur métabolisme. Le pilotage de l’irrigation peut paraître complexe voire rébarbatif mais le jeu en vaut la chandelle. Il est toujours utile de comprendre les mécanismes de circulation et de stockage de l’eau dans le sol : évaporation du sol, transpiration des plantes, percolation… et d’élaborer un bilan hydrique...
Pour s’épargner de fastidieux calculs et se faciliter la tâche, on peut utiliser les valeurs de l’ETP données par Météo France ou les chambres d’agriculture dans certains départements et/ou utiliser des tensiomètres,
encore trop peu répandus en maraîchage.
Une irrigation bien maîtrisée, ce sont des économies d’eau, une plante au développement régulier et équilibré, une régularité de rendements et de production dans le temps.

Pour en savoir plus :
  • www.afidol.org
  • www.ardepi.fr

FERTILISATION ET ENGRAIS VERTS


La fertilisation en maraîchage biologique est basée en grande partie sur l’apport d’amendements et d’engrais organiques. Comme le règlement européen est la référence pour l’utilisation des fertilisants organiques en agriculture biologique, ce chapitre commence par des rappels réglementaires et quelques généralités sur la fertilisation et la fertilité des sols. Puis les principaux amendements organiques, les engrais organiques et les amendements minéraux seront successivement présentés.
Un paragraphe sera également consacré à la culture des engrais verts en maraîchage biologique, en plein champ et sous abris.
Enfin une synthèse comparant l’action des principales matières organiques clôturera ce chapitre.
La fertilisation sous ses aspects rotations et assolements est traitée dans un chapitre dédié.


Pour aller plus loin :
- Site dédié aux couverts végétaux en Agriculture Biologique : voir
- Réglementation sur les normes concernant les amendements et engrais organiques : site Afnor
- Fertilité des sols Voir



BIODYNAMIE


Parmi les différentes approches de l’agriculture biologique, la biodynamie occupe une place particulière. C’est la première en date des méthodes dites « biologiques » comme alternative à l’invasion de l’agriculture par la chimie.
Ses bases ont été posées dès 1924 par le philosophe et scientifique autrichien Rudolf Steiner. C’est également la seule approche ayant connu un rayonnement international, et s’étant dotée à la fois de centres de formation et de recherche, parfois en lien étroit avec des instituts étatiques.
En France, le CFPPA d’Obernai (67) et le CFPPA de Segré (53), en partenariat avec le Mouvement de l’agriculture bio-dynamique (MABD), assurent une formation professionnalisante en biodynamie, il s’agit du BPREA « Polyculture-élevage adaptée à l’agriculture biodynamique ».
Enfin, les principes de la biodynamie sont formalisés dans un cahier des charges donnant lieu à une certification par la marque internationale Demeter.
Ces derniers temps, l’application de la biodynamie à la viticulture a largement contribué à son essor.

La biodynamie... un peu, beaucoup, passionnément !
Souvent mal connus, et donnant lieu à de nombreuses idées reçues, les principes de la biodynamie font parfois peur. Entre d’un côté des biodynamistes convaincus et militants, qui ne se mélangent pas toujours au reste de la profession agricole, et de l’autre de grands domaines viticoles mondialement connus qui travaillent en biodynamie sans oser l’afficher commercialement, la palette des comportements vis-à-vis de ce courant est large. Et c’est bien toute sa richesse : tout maraîcher peut s’y intéresser, piocher quelques principes, outils (calendrier lunaire...), préparations (stimulation du compost...), sans pour autant adhérer à la totalité de cette démarche aux fondements quasi-philosophiques.

Pour aller plus loin :
  • Site du MABD, le mouvement d'agriculture biodynamique Voir
  • Dossier Alter Agri sur la Biodynamie : Voir

SANTE DES PLANTES

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Crédit L. Fourrié

  • GESTION GLOBALE DE L'’AGROSYSTÈME :

=> Créer un environnement favorable aux cultures et à leurs auxiliaires

Le principe fondateur de la production biologique étant de ne pas avoir recours aux produits issus de la chimie organique de synthèse pour la gestion des adventices, des bio-agresseurs (ravageurs, pathogènes) et pour la fertilisation, il est nécessaire d’envisager différemment la façon de produire, notamment en basant la production non pas sur l’usage de produits curatifs, mais sur la prophylaxie et sur les principes de base de l’agronomie : mise en place de rotations longues, associations culturales, amendements et engrais organiques…
L’objectif est de créer des conditions propices au développement des cultures et défavorables à celui des
bio-agresseurs et des adventices, c'est-à-dire chercher à recréer dans le système agricole, les équilibres écologiques dynamiques qui existent dans la nature.


Tous les éléments vivants (plantes, animaux) et inertes (sol, eau, air) étant en interaction, il est essentiel de considérer le système agricole (ou agro-système) dans sa globalité : cultures, sol, environnement de la parcelle, et d’agir sur plusieurs paramètres en tenant aussi compte des influences de l’environnement extérieur à la ferme (cultures et pratiques culturales du voisinage, paysage…). Ainsi, face à une prolifération de bio-agresseurs, le raisonnement n’est plus : « quel produit va permettre de les éliminer ? », mais plutôt « comment est-il possible de restaurer un équilibre ?», et donc d’enrayer la prolifération, même si dans certains cas le recours à un bio-pesticide peut être utile pour « sauver » la récolte en attendant que des
équilibres se remettent en place.

Par définition, un système agricole productif, même peu intensif, est déséquilibré puisqu’on favorise une espèce (la culture) au détriment de toutes les autres. Plus le système est artificialisé (faible biodiversité naturelle) et monocultural (faible biodiversité cultivée), dans l’espace (monoculture) et dans le temps (rotation courte voire inexistante), plus les risques de prolifération des ravageurs et des maladies sont
importants, une fertilisation excessive ou inadaptée aux besoins physiologiques de la culture étant un facteur aggravant. Si l'on considère que la prolifération (et non pas la simple présence) des bio-agresseurs résulte d’un déséquilibre du système agricole, alors, en agriculture biologique, où il existe très peu de moyens de lutte directe, il est primordial de favoriser la régulation naturelle des bio-agresseurs et la
résilience du système face aux différentes agressions (biotiques ou abiotiques) :
  • en introduisant de la biodiversité en créant ou en permettant le développement d’un environnement des parcelles favorable à l’installation de la faune auxiliaire par la présence d’abris et de nourriture : bandes enherbées, haies fleuries, zones de végétation naturelle…
  • en complexifiant le système : parcelles de taille limitée, espèces et variétés cultivées diverses et adaptées au contexte pédo-climatique, rotations longues et diversifiées, associations d’espèces végétales ligneuses et herbacées, agroforesterie...

Quant à la maîtrise des adventices, elle se fait par des moyens mécaniques et/ou thermiques et par des techniques agronomiques : rotations, paillages, engrais verts, semis sous couvert. Ce principe fondamental de prévention est présent dans la réglementation européenne sur l’agriculture biologique : « la protection des cultures doit être basée sur la préservation de la santé des végétaux au moyen de mesures préventives, notamment en choisissant des espèces et des variétés appropriées et résistantes aux nuisibles et aux maladies, en assurant dûment une rotation appropriée des cultures, en recourant à des méthodes mécaniques et physiques et en protégeant les prédateurs naturels des nuisibles ». La réglementation est donc claire, l’agrobiologiste doit mettre en place toutes les mesures agronomiques nécessaires pour éviter
l’apparition et le développement des ravageurs et des maladies en donnant à la culture les moyens de se défendre par elle-même et en aménageant son environnement pour permettre la régulation naturelle des ravageurs et des pathogènes.

Ce chapitre est consacré aux moyens indirects qu’il est possible de mettre en oeuvre dans un système maraîcher afin de prévenir la prolifération des maladies et des ravageurs. Sont principalement abordés ici les aspects concernant l’agro-écologie (biodiversité fonctionnelle) et l’importance des choix variétaux. Les aspects agronomiques (rotations) ont un chapitre dédié. Les éléments spécifiques de chaque légume sont présentés dans les fiches techniques par espèce.

Pour aller plus loin :

  • MOYENS DE LUTTE DIRECTE POUR MAÎTRISER LES BIO-AGRESSEURS


Ce chapitre consacré à la lutte directe traite principalement des produits permettant de limiter (préventivement ou curativement) les dégâts aux cultures causés par les ravageurs et pathogènes –désignés sous le terme générique de bio-agresseurs*-. Il aborde les aspects règlementaires de l’utilisation des substances et produits de protection des cultures autorisés en AB. Cependant, l’application d’un produit n’est pas le seul moyen de lutte directe contre les bio-agresseurs, l’utilisation des filets anti-insectes
ainsi que les méthodes thermiques ont donc été également inclus dans ce chapitre. En effet, les premiers visent à perturber directement les ravageurs et à les empêcher d’atteindre les cultures qu’ils convoitent, et
les secondes (solarisation et désinfection vapeur) sont utilisées principalement en curatif pour détruire les pathogènes du sol ainsi que les adventices (graines et plantules). Rappelons que les moyens de lutte directe, notamment l’utilisation de produits biocides ne doit être envisagée qu'en dernier recours, lorsque les méthodes préventives se sont révélées insuffisantes pour contrôler les bio-agresseurs.

Pour aller plus loin :





  • PRINCIPAUX RAVAGEURS DES LÉGUMES



En raison des conditions de production relativement intensives et artificialisées des systèmes maraîchers, notamment sous abris, les risques de prolifération de ravageurs sont importants. Les moyens de lutte directe disponibles étant très réduits, il est primordial de bien connaître la biologie des ravageurs, de mettre en place des mesures préventives pour éviter leur installation et d’effectuer une surveillance vigilante afin d’intervenir le plus précocement possible en cas d’attaque.
Les ravageurs spécifiques d’une espèce sont traités dans les fiches techniques espèce correspondantes.

Pour aller plus loin:



  • PRINCIPALES MALADIES DES LÉGUMES


En production maraîchère, les conditions de production sont souvent relativement intensives, notamment sous abris : fertilisation, irrigation, fréquence dans les rotations d’espèces d’une même famille botanique… sont propices au développement de maladies. Elles peuvent être fongiques, bactériennes ou virales et concernent aussi bien les organes aériens que les organes souterrains. Comme pour les macro-organismes, les relations entre les micro-organismes du sol, mais également à la surface (et dans) les organismes vivants, sont régies par des équilibres complexes. La prolifération d’une espèce aux dépens des autres est la conséquence d’une perturbation (plantation, repiquage, opérations culturales, blessures…) et/ou de conditions interne et/ou externe (température, humidité, carence ou excès en nutriment, monoculture, densité trop élevée…) qui vont favoriser le pathogène au détriment de l’hôte. Soit l’équilibre se rétablit naturellement, soit une intervention extérieure est nécessaire pour rétablir des conditions défavorables au pathogène ou pour le détruire directement. Les méthodes de lutte directe contre les maladies sont extrêmement réduites en agriculture biologique, la prévention et la gestion globale du système doivent être les moyens privilégiés pour maintenir les équilibres et éviter ainsi les proliférations de pathogènes.
Les cultures de légumes sont également menacées par des maladies virales, le plus souvent transmises par un insecte piqueur-suceur (puceron, aleurode ou thrips). La lutte contre ces viroses passe donc par la maîtrise de leur vecteur, pour les méthodes de lutte il faut donc se reporter au chapitre concernant les ravageurs.

En résumé:
Les maladies des légumes sont causées soit par des champignons, soit par des bactéries, soit par des virus.
  • Champignons des parties aériennes :
    • Mildious. Prophylaxie : rotations longues, fertilisation azotée correctement dosée, variétés tolérantes ou résistantes, effeuillage, plants sains. Lutte directe : cuivre
    • Oïdiums. Prophylaxie : mêmes conseils que pour les mildious. Lutte directe :
soufre, bicarbonate de potassium, huile essentielle d'orange douce
  • Anthracnose, Alternariose, Botrytis : méthodes préventives uniquement.
  • Champignons telluriques :
    • Sclérotinia (« pourritures blanches »). Prophylaxie : rotations, travail du sol, variétés. Lutte directe : champignon antagonistes
    • Fusariose, Verticiliose, Rhizoctone brun : méthodes préventives uniquement
    • Fonte des semis (complexe de plusieurs champignons) : méthodes préventives uniquement.
  • Bactéries pathogènes : essentiellement Pseudomonas sp. et Xanthomonas sp. Prophylaxie : semences et plants sains. Lutte directe : cuivre.
  • Viroses : les virus sont transmis aux plantes par l'intermédiaire d'un vecteur, le plus souvent un insecte piqueur-suceur (puceron, aleurode, thrips). Méthodes préventives uniquement : semences et plants sains, variétés tolérantes ou résistantes, lutte contre les insectes vecteurs.

Pour aller plus loin:

  • PROTECTION BIOLOGIQUE DES LÉGUMES


La définition de la protection (lutte) biologique donnée par les statuts de l’OILB est la suivante : « Utilisation par l’homme d’ennemis naturels tels que prédateurs*, parasitoïdes* ou agents pathogènes pour contrôler des populations d’espèces nuisibles et les maintenir en dessous du seuil de nuisibilité ».
Elle ne vise donc pas l’éradication du ravageur mais s’applique principalement à réduire sa nuisibilité. Elle peut aussi concerner le contrôle des maladies. Ce guide présente ses applications pour la protection des cultures mais elle est aussi utilisée en élevage pour combattre certains parasites du bétail, et dans des domaines non agricoles notamment pour lutter contre les espèces envahissantes. Son principal avantage est d’éviter d’utiliser des substances biocides* traumatisantes pour l’équilibre des écosystèmes, susceptibles de laisser des résidus dans les aliments et/ou l’environnement (eaux, sol, air), et potentiellement nocives pour l’utilisateur.
Contrairement à ce que le nom pourrait laisser penser, la protection biologique n’est pas réservée à l’agriculture biologique, elle est aussi largement utilisée en agriculture conventionnelle, notamment sous abris.
Dans ce chapitre, il sera principalement question de la protection biologique au sens strict c’est-à-dire lorsqu’il y a une intervention directe de l’agriculteur pour introduire un organisme capable de réguler voire réduire les populations des ennemis des cultures. Les méthodes indirectes visant à encourager la mise en place d’équilibres naturels et à favoriser la présence et le développement des auxiliaires indigènes* sont traitées particulièrement dans le chapitre sur la biodiversité fonctionnelle.

  • Résumé :
La lutte biologique ne vise pas l’éradication des ravageurs mais vise à contrôler leur population et à réduire leur nuisibilité. Elle n’est pas réservée à l’agriculture biologique, elle est aussi largement utilisée en agriculture conventionnelle, notamment sous abris.
Les principales méthodes de lutte biologique sont :
  • la lutte par conservation : il s’agit de préserver voire de favoriser les auxiliaires naturellement présents dans et aux abords des parcelles cultivées
  • la lutte par introduction-acclimatation : il s’agit d’introduire un auxiliaire non indigène* avec l’objectif qu’il s’acclimate et contrôle durablement un ravageur. Cette méthode présente des risques pour les écosystèmes : un auxiliaire aujourd'hui peut devenir un ravageur demain !
  • la lutte par lâchers d'auxiliaires indigènes (ou non indigènes mais dont on est certain qu'ils ne se maintiendront pas d'une année sur l'autre) :
    • Les lâchers inoculatifs : les auxiliaires sont introduits en petite quantité, l’objectif étant qu’ils s’installent dans le milieu et se multiplient rapidement. Pour que leur population atteigne un niveau suffisant avant l'apparition du ravageur, ils ont souvent besoin d'un hôte intermédiaire.
    • Les lâchers inondatifs : les auxiliaires sont introduits en grande quantité, ils sont immédiatement actifs sur les populations de ravageurs qui doivent être déjà bien présents au moment de l’introduction.
Les auxiliaires utilisés sont des insectes prédateurs ou parasitoïdes, ainsi que des acariens et des nématodes.
Certains produits phytopharmaceutiques utilisables en AB sont loin d’être anodins pour les auxiliaires, c’est le cas du spinosad, du soufre et des pyrèthres, qui peuvent avoir des effets dépressifs importants sur certaines espèces d’auxiliaires.

Pour aller plus loin:

Comment favoriser les auxiliaires de cultures sur mon exploitation ? from Solagro on Vimeo.





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